Quelques règles simples existent pour verdir nos cités et les rendre plus vivables, en particulier en cas de fortes chaleurs.
Au lieu de regarder les records de températures s’enchaîner et être témoin de la destruction de notre planète sans rien faire, chacun et chacune peut, à son niveau, contribuer à rendre sa ville plus durable et plus vivable. Les raisons pour lesquelles cela devient urgent sont bien connues: il s’agit non seulement d’une question environnementale, mais également de justice sociale et de santé. La façon dont sont bâties les villes n’est plus adaptée à l’urgence climatique. Il existe pourtant des théories, des principes et méthodes pour rendre es villes plus vertes et durables. En voici quelques-uns.
La règle de 3-30-300
Le principe est simple: pour se rapprocher de la nature et ses vertus, chaque habitant voit au moins 3 arbres de son logement; la ville est à 30% couverte par des cimes d’arbres et le prochain espace vert de chaque habitation est à 300 mètres.
Pour la mise en place, des espaces et des corridors verts peuvent être créés entre les parcs et forêts urbains. Les pistes cyclables et zones piétonnes qui permettent de créer des parterres de fleurs et de planter des arbres peuvent remplacer des rues réservées aux automobilistes.
Ville éponge
Le concept de la « ville éponge», développé par l’architecte chinois Kongjian Yu, vise à améliorer la gestion des eaux pluviales. Comme les phases de sécheresse ou d’intempéries se prolongent de plus en plus, les villes manquent d’eau ou au contraire sont inondées. Une ville éponge est plus résistante car elle agit comme une éponge. Pour cela, l’architecte a mis au point trois règles élémentaires: la rétention d’eau à sa source, le ralentissement du débit d’eau et l’exploitation de l’eau dans des zones basses. La mise en place de ces règles permet un flux plus naturel que l’évacuation par le réseau d’assainissement. Cela passe par exemple par des toits végétalisés, des jardins de pluie, des zones humides et des lacs.
La mise en place de ces règles permet un flux plus naturel que l’évacuation par le réseau d’assainissement. Cela passe par exemple par des toits végétalisés, des jardins de pluie, des zones humides et des lacs.
Mur et toit végétalisé
Les murs et toits végétalisés sont jolis. Mais c’est avant tout un atout dans l’adaptation d’une ville au changement climatique. Les toits permettent de retenir de l’eau et d’atténuer les îlots de chaleur. Plusieurs façons permettent de végétaliser les murs: avec des plantes grimpantes, sur un support écarté de la façade ou une création d’un sol artificiel vertical.
Et les avantages sont nombreux: premièrement la régulation thermique. Les plantes agissent comme une climatisation naturelle. En été, la réduction de la température des façades est si importante que cela se ressent à l’intérieur. Puis, en hiver, ce mur supplémentaire peut limiter les pertes de chaleur et baisser l’utilisation du chauffage. Deuxièmement, les murs et toits végétalisés améliorent la qualité de l’air et rafraîchissent la ville. Ce qui entraîne un renforcement de la santé physique et mentale des citadins et des citadines. Finalement, cette végétalisation favorise la biodiversité. Comme par exemple sur les toits qui hébergent des abeilles, des insectes, des oiseaux et tout autre petit animal qui est à l’aise en hauteur.
Agriculture urbaine
De la production agricole en ville, aussi appelée agriculture urbaine, peut être mise en place par des jardins partagés, des fermes verticales et des toits cultivés.
La production locale des fruits, légumes et herbes, par exemple, réduit l’empreinte carbone du transport et renforce la sécurité alimentaire. Au lieu d’aller en supermarché et d’acheter le persil dans un petit sachet en plastique importé de l’autre bout de l’Europe, les habitants et habitantes le récoltent dans leur jardin partagé ou sur un toit cultivé avec vue sur la skyline de leur ville. En travaillant avec des concitoyens, la communauté échange, apprend et renforce en même temps la cohésion sociale. L’agriculture urbaine améliore également la biodiversité en ville.
La ville du quart d’heure
Le concept de la ville du quart d’heure se résume ainsi: tout ce qui est nécessaire au quotidien d’une personne doit se trouver à quinze minutes de chez soi.
De nombreux domaines sont concernés: l’éducation (école maternelle et primaire, collège, lycée), la culture (bibliothèque, médiathèque, librairie, école de musique, centre culturel), l’alimentation (supermarchés, producteurs locaux, jardins partagés), la santé (centre médical, hôpital) et le sport (club de sport, gymnase, terrain, aire de jeux).
Dans le meilleur des cas, personne n’a besoin de voiture. Autrement, des solutions de covoiturage peuvent être mises en place. L’idée est d’abord de se déplacer essentiellement à pied ou à vélo, ce qui augmente la sécurité routière. Les longs trajets se font en transports publics.
Une ville durable ne ressemble pas à une autre et n’est jamais parfaitement durable. La durabilité en ville se décline de maintes façons: dans chaque domaine, agriculture, bâtiment, ou gestion de l’énergie, les solutions sont différentes. Les mesures présentées ne sont pas les seules et l’application repose sur les particularités et les besoins de l’espace à transformer. Il s’agit de lignes directrices que l’on peut suivre. En tant que citoyenne et citoyen, il n’est peut-être pas possible de fermer soi-même une route pour la transformer en zone piétonne ou de créer un nouvel espace vert. Mais les élections, les initiatives citoyennes et l’échange avec les élus sont un terrain de jeu pour faire connaître et avancer des projets d’une ville durable.
