Jouets, vêtements, appareils électroniques… Alors que nos logements débordent d’objets inutilisés, le réemploi s’impose comme une alternative écologique. Un créneau qu’investit Indigo Réemploi, une start-up à impact spécialisée dans le domaine.
Jouets délaissés, vêtements passés de mode, livres qui traînent sur les étagères, équipements électroniques défectueux… que deviennent ces objets devenus inutiles mais qui continuent d’encombrer nos appartements ? Si certains choisissent encore de jeter, le réemploi s’impose progressivement comme une alternative écologique, durable et souvent solidaire.
L’Agence de la transition écologique (ADEME) définit le réemploi comme «toute opération par laquelle des substances, matières ou produits sont utilisés à nouveau pour un usage identique à celui pour lequel ils ont été conçus». En 2023, un peu plus de 90 000 tonnes de produits ont été réemployés ou réutilisés -équipements électroniques, meubles, habits, jouets ou encore articles de sport, de bricolage et de jardin. Parmi eux, 68% l’ont été dans le cadre de structures de l’économie sociale et solidaire. Une avancée notable, mais encore insuffisante au regard des près de 10 tonnes de matière consommées chaque année par habitant en France.
Donnons.org, première plateforme de dons en France
Dans cette optique, la plateforme Donnons.org entend montrer l’exemple. Lancée en 2006, elle s’est imposée comme la première plateforme gratuite de dons d’objets en France, avec près de deux millions d’utilisateurs. Depuis 2023, elle est développée par l’entreprise Indigo Réemploi, une jeune pousse fondée par Stéphane de Freitas, artiste et entrepreneur social. «L’acte de jeter peut souvent être remplacé par un don ou un réemploi, souligne-t-il. Jeter un objet, c’est détruire de la matière première tout en contribuant à la saturation des décharges et à la pollution des incinérateurs.» Donner une seconde vie à un produit répond à un double objectif: éviter un nouvel achat et désemplir les déchetteries.
Selon la plateforme, un don permet d’éviter en moyenne l’émission de 13,2kg de CO2 et de réaliser une économie de 15,9 euros. Ce dernier chiffre reste cependant à interpréter avec précaution: «Nous avons calculé la valeur des biens sur le marché de la seconde main. Le montant varie en réalité entre 15 et 20 euros selon les années», précise Stéphane de Freitas.

Circular City, une solution dédiée aux collectivités
La mission d’Indigo Réemploi ne se limite pas aux échanges entre particuliers. Depuis trois ans, l’entreprise propose une solution dédiée aux collectivités, baptisée Circular City. Pour généraliser le réemploi, il s’agit de toucher directement les citoyens. Le dispositif repose sur un modèle simple et efficace: lorsqu’un internaute tape «déchet» suivi du nom de sa ville sur un moteur de recherche, il est redirigé, si sa collectivité est cliente, vers la plateforme qui propose des solutions de réutilisation ou de réemploi. «Ce service public couvre aujourd’hui 1,5 million d’usagers», assure le fondateur.
Une enquête menée en 2025 dans la région de Montpellier a mis en évidence un besoin d’accompagnement des habitants sur les questions de tri et de seconde vie des objets. L’équipe d’Indigo Réemploi en est persuadée: se doter d’outils à l’image de Circular City paraît indispensable à l’échelle des agglomérations. Si l’objectif est aujourd’hui d’en élargir la portée, les premiers retours d’expériences se révèlent encourageants. Peut-être verrez-vous bientôt Circular City apparaître sur le site de votre commune… l’occasion de réemployer des objets qui ne vous servent plus!
